F88 et F910: à la découverte des Hautes Terres du Nord-Est de l'Islande

Rédigé par Sandrine Publié le 29/12/2017

Des paysages désolés à perte de vue où la vie semble impossible au coeur d'un immense désert, le tout parsemé de volcans encore fumants, de lacs, cascades et sources chaudes. Bienvenue dans les Hautes Terres du Nord-Est de l'Islande!

Une telle succession de décors semble irréelle, surtout sur une distance si courte. Et pourtant, en 6 heures nous avons été transportés sur une autre planète. Il n'est pas étonnant que la NASA ait choisi ce lieu d'entrainement en préparation des missions Apollo! C'est dire du voyage qui vous attend.

Le parcours d'Egilsstaðir à Myvatn

Nous avons parcouru les pistes F88 et F910 en juillet 2016. L'itinéraire peut s'emprunter dans les 2 sens, soit en commençant par la F88, soit par la F910, sachant qu'une alternative par la F905 existe pour contourner le gué de la Lindaá sur la F88. Nous n'avons toutefois pas tenté cette alternative, la Lindaá étant passable lors de notre venue.

Notre parcours a été effectué en 2 jours, mais nous aurions dû y consacrer 3 jours tant la région est intéressante.

Je vous propose de le retracer étapes après étapes, sachant que nous sommes partis le premier matin depuis les environs d'Egilsstaðir, avec pour objectif de dormir au camping d'Askja, pour enfin regagner le lac Myvatn le soir de notre deuxième jour. Au total, une expédition de 400 km.

Le long du Lagarfljot: d'Egilsstaðir à Hengifoss

Que vous commenciez ou terminiez l'expédition dans les Hautes Terres par la F910, vous serez probablement contraints de loger aux alentours d'Egilsstaðir, où à proximité du Lagarfljot, ce long lac très agréable et bordé d'arbres.

En partant d'Egilsstaðir, nous vous recommandons d'emprunter la route 931 qui longe la rive sud du Lagarfljot dans un cadre très bucolique. Ici, place aux prairies fleuries et aux arbres qui commençaient à nous manquer. Le cadre est vraiment enchanteur. La route se faufile en longeant le lac où les sapins alternent avec quelques feuillus, contrastant avec tous les paysages que nous avons pu découvrir en Islande. Plusieurs petits sentiers permettent de descendre sur les rives du lac.

Route 931 le long du Lagarfljot

Sentier sous les arbres - LagarfljotBerges du Lagarfljot

Une fois arrivés à Hallormsstadur, surtout arrêtez-vous pour faire le plein à la petite station-service car il n'y en aura plus d'autre jusqu'à Myvatn. Et si votre 4x4 consomme beaucoup (comme le nôtre), il sera judicieux de remplir un jerricane supplémentaire.

En effet, nous avons frôlé la panne d'essence en arrivant à Myvatn, nous sucrant le détour au Kverkfjöl que nous rêvions de découvrir. La traversée a été donc extrêmement juste avec l'unique plein de notre Dodge Durango, avec une consommation moyenne de 20L/100km.

Il est également à noter que la petite-station service n'est pas ouverte 24h/24h. Lors de notre passage, le gérant était parti manger. Nous avons donc dû attendre son retour pendant une bonne demi-heure pour nous ravitailler en nourriture et faire le plein

La route 931 se poursuit en longeant le lac. Après quelques kilomètres, un pont permet de rejoindre l'autre rive. Une fois de l'autre côté, il faudra bifurquer à gauche pour emprunter la route 933.

Lítanesfoss et Hengifoss

Aller/retour de 5,4 km - 1h00 à 2h00 - Facile (250 mètres de dénivelé)

Si vous avez un peu de temps devant vous, nous manquez pas de vous arrêter pour aller contempler les jolies cascades de Lítanesfoss et Hengifoss qui se découvrent successivement lors d'une petite randonnée de 5,4 km aller/retour, soit environ 1h00 à 2h00 de marche en fonction de l'endroit où vous souhaitez faire demi-tour.

Le parking se situe 500 mètres après la jonction entre les routes 931 et 933, à la sortie du pont. D'ici part un petit sentier relativement facile qui monte en direction des cascades. Lítanesfoss est la première cascade que l'on découvre. La chute est superbe, formée par deux cascades successives et ornée de jolies colonnes de basaltes.

1,5 km plus loin se trouve la fameuse cascade d'Hengifoss, célèbre pour sa hauteur, 128 mètres tout de même, et surtout ses roches striées de rouges qui en font un fabuleux arrière-plan.

Cascade de LítanesfossCascade d'Hengifoss

Pour plus d'information sur la randonnée, je vous recommande de lire notre article dédié: Randonnée vers les cascades de Lítanesfoss et Hengifoss

Du Lagarfljot à Laugarvelir: premiers pas sur la route 910

A partir du parking d'Hengifoss, la route 933 se poursuit en direction du sud-ouest. Après 2,7 km, il faudra bifurquer sur la route 910, qui nous accompagnera jusqu'à Askja. La route n'est pas encore appelée "F910" car elle reste goudronnée sur près de 50 kilomètres, jusqu'à l'immense barrage de Kárahnjúka.

La route 910 prend rapidement un peu d'altitude avec quelques lacets avant d'atteindre un plateau parsemé de cours d'eau et petits lacs, faisant penser à une sorte de grand marécage assez plat que l'on traversera sur environ 35 km.

Un croisement signale le gite de Laugarfell, qui offre un hébergement durant l'été avec 2 bassins chauds, ainsi que l'accès à de jolies cascades à proximité moyennant une petite randonnée (que nous n'avons pas eu le temps de faire). Nous avions tout de même voulu nous y arrêter pour profiter des bains chauds mais ceux-ci étaient pleins et sont d'ailleurs devenus payants pour les personnes qui ne dorment pas au gite.

A partir de Laugarfell, les paysages commencent à changer et deviennent de plus en plus désertiques. Bientôt le barrage de Kárahnjúka arrive en ligne de mire.

Le barrage de Kárahnjúka

Un premier et long barrage droit marque l'arrivée près de l'immense retenue d'eau. La route file sur cette grosse digue de rochers sur près d'1 km avant de continuer à flanc de colline jusqu'à atteindre le second barrage.

Ce deuxième barrage est beaucoup plus impressionnant. Il surplombe les belles gorges de Hafrahvammagljúfur, qu'il était autrefois possible de découvrir sans risque. Aujourd'hui, leur visite y est devenue dangereuse, le dévidoir du barrage s'y jetant directement, menaçant de noyer les gorges en cas de trop plein. Néanmoins, la vue des gorges depuis le barrage reste jolie.

Vue d'ensemble du barrage de Kárahnjúka

Dévidoir du barrage de KárahnjúkaGorges de Hafrahvammagljúfur - route 910 islandeUne fois de l'autre côté, un petit parking permet de stationner. Quelques tables de pique-nique y ont été aménagées. Un escalier permet de monter pour atteindre un promontoire qui offre une vue d'ensemble sur l'architecture de cet immense ouvrage qui en fait le barrage le plus grand d'Europe avec ses 198 mètres de haut par 700 mètres de long.

La construction de l'ensemble de l'ouvrage, composé au total de 5 barrages a été finalisée en 2009, après avoir suscité bien des polémiques, notamment vis à vis de l'impact environnemental et écologique, faisant disparaître des zones utilisées par les animaux, mais également un canyon et plusieurs cascades.

A partir du barrage, la route 910 laisse place à la piste F910. Il faudra donc un 4x4 pour poursuivre à partir de ce point.

La cascade d'eau chaude de Laugarvellir

Environ 5 km après le début de la piste se trouve un petit embranchement non signalé menant à la cascade d'eau chaude de Laugarvellir. Ce lieu est un petit coin de paradis au coeur d'un paysage presque désertique.

Ici, un petit ruisseau d'eau chaude sort de terre pour se jeter dans une rivière d'eau froide en contrebas, le tout formant une petite cascade d'eau chaude à 40°C, un fait extrêmement rare!

Sous la cascade de Laugarvellir

Pour plus d'information sur Laugarvellir dont les informations pour s'y rendre, nous vous invitons à lire notre article détaillé: La cascade d'eau chaude de Laugarvellir

A partir de cet endroit, le décor change complètement et laisse place à un désert de cendres et sable noirâtre, où toute vie semble avoir disparût.

De Laugarvellir à Askja: le désert de solitude de la F910

Nous voici maintenant face au désert, un désert de sable, de terre, de cendres et de roches volcaniques que nous allons traverser pendant près de 115 km. Nous avons beaucoup apprécié cette longue piste solitaire qui nous a fait traverser des paysages incroyablement étonnants et variés, ce qui la hisse en 3ème position de notre classement des pistes d'Islande.

Mais soyez avertis, la piste est longue, très longue! Nous avons mis pas moins de 5h00 à partir de Laugarvellir pour parcourir les 115 km jusqu'à Askja, en nous arrêtant seulement à quelques reprises prendre des photos. Cela en dit long sur l'état de la piste qui nécessitera d'emprunter de longues portions caillouteuses à très faible vitesse, surtout vers Askja.

Attendez-vous également à ne pas croiser grand monde, au mieux 5 à 10 véhicules seulement! Même en été cette piste n'est pas très fréquentée car l'accès via la F88 est plus aisé pour se rendre à Askja, mais beaucoup moins beau.

Plaines à perte de vue

Le début de la piste est plutôt roulant avec de longues lignes droites traversant une immense plaine aux teintes brunes. La vie semble avoir quitté ces terres il y a bien longtemps. Tout semble si calme, si plat, si sec...

Puis d'un coup le sol se met étrangement à verdir. La réponse ne tardera pas à arriver. Dans ce désert si hostile, les glaciers situés en amont se réchauffent, laissant s'échapper un peu d'eau, formant de petits ruisseaux et rivières. L'eau est la source de toute vie! C'est ainsi qu'à l'approche de chaque cours d'eau, le sol se tapisse de végétation, formant de petits oasis pleins de vie, avant de reprendre sa teinte foncée et sèche.

La F910 au milieu d'un désert de sable et de cendres

Petit gué F910Route au milieu du désert de la F910

La piste défile ainsi pendant de longues minutes au coeur de ces paysages légèrement vallonnés, semblant s'étendre à l'infini, au creux desquels l'eau vient abreuver les terres. La piste traversera à maintes reprises ces petits cours d'eau fluets qu'il faudra traverser (seulement quelques centimètres d'eau). Lorsque la route remonte, la texture du sol change, se chargeant de petits cailloux et formant de petites vaguelette façon tôle ondulée, faisant ainsi désagréablement vibrer le véhicule.

Mieux vaut franchir rapidement ces portions pour ne pas être trop balloté, tout en évitant les gros cailloux.

Traversée des 2 gués de la F910

La piste F910 arrive maintenant à la jonction avec la piste F905 (l'alternative à la F88). Nous bifurquons en direction du sud. La piste se poursuit au travers de ce cadre hostile, puis traverse deux gués à 2 km d'intervalle. Les deux gués ne nous ont pas parût difficiles avec notre Durango, mais l'un d'entre eux avait tout de même 50 cm de profondeur avec du sable et des rochers dans le fond.

Nous y avons d'ailleurs croisé un Honda CRV dont le conducteur nous a indiqué y avoir laissé un morceau de son carter, arraché par des pierres au fond du lit, alors qu'il tentait de se dégager. C'est dommage pour lui car le bas de caisse n'est jamais assuré! On rappèlera encore qu'il est vraiment imprudent d'emprunter ce genre de piste avec un SUV qui possède une faible garde au sol.

Sable jaune et gros rochers

Après une dizaine de kilomètres, le paysage change soudainement. La terre brune disparaît pour laisser place à un genre de sable jaune pâle, parsemé de gros cailloux de lave noire offrant un très beau contraste. Il semblerait que cette terre ait jadis subit un violent cataclysme... L'Askja n'est plus très loin!

Collines ocres au milieu d'un désert jaune

Désert plat de petits rochers - F910Désert de pierres - F910

La piste se fraye un chemin parmi les gros blocs noirs. Ce paysage est fascinant, surtout lorsque le soleil éclaire la vaste plaine. On penserait être sur un autre astre, faisant penser à la planète Mars. Sur cette portion la piste est plus difficile à négocier car les rochers émergent par moment de la piste. En balayant les alentours du regard, on remarquera assez vite au nord-ouest une sorte de montagne au sommet plutôt plat. Il s'agit de l'imposant Herðubreið, un volcan éteint qui grandit jadis sous un glacier lui donnant cette forme particulière, culminant à plus de 1600 mètres et dominant ainsi le paysage. Nous le verrons de plus près depuis la F88.

C'est également au milieu de ce fascinant paysage que coule l'imposante Kreppa et son débit monstrueux, qui formera par la suite la Jökulsá á fjöllum, l'impressionnante rivière à l'origine de la fracassante cascade de Detifoss. Mais heureusement, un petit pont de bois à une voie a été construit au dessus de la rivière aux flots marrons et tumultueux.

la Kreppa - F910

Sur le petit pont de bois au-dessus de la Krappa - F910Remous sur la Kreppa

Au delà du pont, les rochers sont de plus en plus gros et nombreux. N'hésitez pas à vous stationner sur le côté de la piste et vous balader parmi les grosses pierres étranges.

Quelques kilomètres après avoir traversé la Kreppa, les gros rochers disparaissent et laissent à nouveau place à une grande plaine aux teintes beige. Vous ne pourrez pas rater cette étrange montagne en forme de pyramide, parsemée de reflets dorés, qui se dressera peu à peu devant vous. A cause du terrain difficile, la piste contourne cette pyramide sur près de 30 km. Attendez-vous donc à la voir sur toutes les coutures!

Rocher pyramidal près de la Krappa

Rocher pyramidal sur la F910Rocher pyramidal sur la F910

Ici, la couleur jaune se fait de plus en plus présente, prenant la forme d'un sable grossier qui semble recouvrir la zone, offrant ainsi de sublimes teintes dorées lorsque les rayons du soleil apparaissent.

Les contrastes sont superbes au soleil rasant! Nous étions dans la zone vers 21h, c'était un vrai régal pour les yeux!

De son côté, la piste n'est pas des plus agréables, étant parsemée de cailloux plus ou moins gros, nécessitant de négocier avec prudence certains passages. La fin de la piste n'est décidément pas roulante, hormis quelques portions plutôt plates, filant sur le sable jaune qui font un bien fou (mais qui ne durent jamais assez longtemps).

Peu à peu le sable clair laisse place à de la roche plus sombre. Nous voici aux portes de l'Ódáðahraun, le plus vaste désert de lave d'Islande! Nous aurons l'occasion de le découvrir plus en détail lors de l'ascension de l'Askja, ou encore le long de la F88 qui le longe sur sa frontière Est.

Le camping de Drekagil

Après 115 km de piste, nous arriverons enfin au refuge et camping de Drekagil, situé au pied de l'Askja. Au total, il nous aura fallu de près de 8h de route depuis Egilsstaðir pour parcourir les 240 km jusqu'à Askja. Mais, ne vous attendez pas à un joli havre de paix. Le terrain de camping n'est qu'un vaste terrain de cailloux, balayé par les vents qui soufflent sur les Hautes Terres. Vous ne serez pas seuls non plus! Ici, les touristes sont nombreux à venir pour découvrir la fabuleuse caldeira de l'Askja.

Camping Dekagil à Askja

Il faudra vous attendre à planter votre tente dans le sol dur et vous retrouver au milieu de dizaines de tentes, le tout dans le froid, car les températures sont très basses dans cette région reculée, frôlant souvent le 0 en été.

La nuit sous tente pour 2 personnes nous a coûté 1600 ISK en 2016, plus 500 ISK à rajouter pour bénéficier de 5 minutes d'une douche tiède. Les sanitaires sont corrects.

Autour d'Aska: Entre lacs et champs de lave

Il y a de nombreuses zones à découvrir autour d'Askja, à commencer par sa gigantesque caldeira.

Le cratère Víti et le lac Öskjuvatn

Aller/retour de 4 km - 1h30 - Facile

Depuis le camping de Drekagil, une piste de 8 km, la F894, nous emmène prendre de l'altitude pour accéder à la caldeira d'Askja. L'intersection se situe à l'entrée du camping. La piste traverse deux petits gués puis monte jusqu'à arriver à un petit parking (souvent plein à cause de l'affluence des lieux). D'ici l'on commence à se rendre compte de l'immense champ de lave qui nous entoure, qui n'est au passage qu'une petite partie de l'immense désert de lave d'Ódáðahraun.

La suite se découvre à pied, au terme d'une petite ascension facile de 2 km qui nous emmènera sur les rives du lac Öskjuvatn et du petit cratère Víti. Les paysages sont absolument grandioses! Les couleurs des 2 lacs sont d'un bleu incroyable, contrastant avec la roche sombre.

Panorama sur le cratère Víti et le lac Öskjuvatn

Les plus téméraires pourront descendre dans l'abrupte cratère Víti et se baigner dans ses eaux laiteuses. Il parait que l'on entend le ronflement du volcan lorsque l'on y plonge la tête. Malheureusement, la météo était tellement désastreuse ce jour là que nous n'avons pas eu le courage de nous y baigner. C'est un énorme regret, mais je pense honnêtement que nous n'aurions pas pu en profiter.

Pour plus d'information sur la petite randonnée vers le cratère Víti et le lac Öskjuvatn, nous vous invitons à lire notre article dédié: Askja: l'ascension extraordinaire vers le cratère Víti.

Enfin, pour les amateurs de grandes randonnées, sachez qu'il est possible d'accéder à la caldeira d'Askja et aux 2 lacs en empruntant un sentier de randonnée dont le départ s'effectue depuis le camping.

Le champ de lave récent d'Holuhraun

Si vous êtes venus jusqu'à Askja, ne repartez pas juste après avoir vu la caldeira, vous risqueriez de rater l'un des plus récents phénomène géothermique d'Islande.

Coulée de lave rouge d'HoluhraunLe Holuhraun est un vaste désert de lave situé au sud d'Askja et au nord de l'immense Vatnajökull. Le 29 août 2014, le Bárðarbung, un volcan situé sous le Vatnajökull, est entré en éruption recouvrant une bonne partie de l'ancien champ de lave d'Holuhraun.

La zone a ré-ouvert progressivement dès août 2015 pour permettre de découvrir cette nouvelle coulée. En juillet 2016 nous étions très curieux de pouvoir observer un champ de lave récent et nous n'avons pas été déçus!

L'accès au champ de lave récent d'Holuhraun s'effectue depuis la F910. A partir du camping de Drekagil, il faut donc emprunter la F910 qui part en direction du sud et contourne Askja en se rapprochant légèrement du Vatnajökull. Après une dizaine de kilomètres, la piste caillouteuse laisse place à un immense désert de cendres noires. Quel paysage! La voiture file alors sans bruit dans cette plaine noire infinie, où seuls des petits piquets jaunes marquent la piste.

Désert de cendres noires sur la F910 au sud d'Askja

Puis au loin, notre regard est attiré par d'étranges nuages. Bien que le temps soit gris et pluvieux, nous remarquons très bien ces nuages blancs à proximité du sol. Pas de doute, il s'agit de la coulée encore fumante d'Holuhraun.

Le champ de lave fumant d'Holuhraun - F210

C'est incroyable de la voir encore fumer autant près de 18 mois après l'éruption!

Le nouveau champ de lave d'Holuhraun se découvre grâce à une petite promenade sur la coulée. En 2016, seuls les accès Est et Nord étaient ouverts (l'accès Ouest étant encore trop chaud et instable). Pour en savoir plus sur le champ de lave d'Holuhraun, ses accès et la randonnée sur la coulée, nous vous invitons à lire notre article dédié: Holuhraun: explorer un champ de lave encore chaud

Le champ de lave d'Holuhraun - F910

Après avoir longé le Holuhraun, la F910 continue dans ce désert de cendres noires avant de se rapprocher du Vatnajökull. La zone devient alors très humide, car parsemée des nombreux cours d'eau qui s'échappent du Vatnajökull. Lors de notre passage, nous avons croisé des rangers qui nous ont alerté sur le fait que la piste était coupée quelques kilomètres plus loin, par un gué infranchissable. Nous avons donc fait demi-tour, laissant cette région si solitaire dernière nous, avec une folle envie de revenir la découvrir, mais paraît-il qu'il s'agit d'une des pistes les plus difficiles du pays.

Nous rebroussons chemin en direction du camping, un peu inquiets de voir la jauge d'essence descendre à une vitesse fulgurante. La station essence la plus proche est à 140 km de là.

D'Askja à Myvatn en remontant par la F88

Il est temps pour nous de regagner la civilisation après 2 jours passés dans les Hautes Terres de l'Est. Deux options s'offrent à nous: emprunter la F88 et traverser le gué sur la Lindaá, qui peut s'avérer parfois infranchissable, ou reprendre la F910 puis la F905.

Nous décidons de nous renseigner auprès des rangers qui sont installés au refuge de Drekagil. La ranger nous indique que le gué sur la Lindaá n'est pas très haut avec 60 cm d'eau seulement. Ni une, ni deux, nous partons en direction du nord, sur la F88.

L'Herðubreið

La piste f88 remonte tranquillement vers le nord jusqu'à atteindre les rives de la Jökulsá á fjöllum, aux abords desquelles la végétation a repris place, recouvrant les terres grises. Le changement de décor est radical, passant d'un vaste champ de lave à une zone marécageuse, appelé Herðubreiðarlindir.

La première curiosité que nous croisons est le fameux Herðubreið que nous avions déjà découvert de loin la veille, sur la F910. Cet imposant volcan surprend par sa forme massive et son sommet plat, d'autant plus qu'il semble posé au milieu du vaste désert de lave d'Ódáðahraun. Son sommet culmine à 1682 mètres et est souvent recouvert de neige.

L'Herðubreið depuis la piste F88

La piste F88 traverse le marécage de Herðubreiðarlindir.Refuge de l'Herðubreiðarlindir - F88 - Islande

L'Herðubreið est aujourd'hui considéré comme un volcan éteint, sa dernière éruption remontant à plus de 10 000 ans. Pour mieux le découvrir, il existe un sentier de randonnée, partant du tout petit refuge au toit rouge situé dans l'Herðubreiðarlindir, et qui en fait le tour en une journée.

La traversée du gué sur la Lindaá

Passé le refuge, la piste continue à traverser pendant un court moment la zone marécageuse, où de petits gués sans danger seront à traverser.

Petit gué sur la F88

Environ 10 kilomètres plus loin, la piste arrive en vue de la Lindaá, un affluent de la Jökulsá á fjöllum qu'il faudra traverser.

Comme tous les gués d'Islande, le niveau de l'eau peu largement varier et rendre la rivière parfois infranchissable avec un 4x4 classique. Pensez à vous renseigner avant votre départ pour connaître la hauteur du niveau de la Lindaá.

Le gué est assez large, délimité par une corde en aval. Un petit panneau prévient que la traversée du gué peut être complexe pour les "small Jeep" et précise qu'il faut rester près de la corde.

Bien que la sortie soit située de l'autre côté, en face de la route, il est important de bien faire le détour marqué par la corde, même si celui-ci rallonge le trajet effectué dans la rivière.

Le gué sur la Lindaa - F88

Passage dans le gué de la Lindaa - F88Un gué peu après la Lindaa - F88

Encouragés par les dires de la ranger nous indiquant que le niveau était à 60 cm, nous y allons sans trop réfléchir. Nous avançons tranquillement dans le gué, longeant la corde sans toutefois la coller, à environ 3-5 mètres. Quelle erreur! Nous étions tellement confiants que nous n'avions pas pensé à bien analyser la situation.

En effet, le niveau d'eau le plus faible se situe an niveau de la corde, le fond s'enfonçant ensuite dans le sol sur une pente tout de même conséquente. En ne frôlant pas la corde, nous avons du coup traversé le gué au mauvais endroit et de biais, d'un côté avec 60 cm d'eau, et de l'autre plus de 80 cm, l'eau arrivant presqu'en dessous des fenêtres! Heureusement la traversée s'est bien passée mais elle aurait pu mal finir.

De la Lindaá jusqu'à Myvatn

Après la traversée de la Lindaá, la F88 poursuit sa route au bord du grand Ódáðahraun, passant au milieu d'immenses champs de lave grise, où la végétation commence petit à petit à reprendre ses droits. Après plusieurs kilomètres la piste traverse à nouveau un gué ressemblant à la Lindaá, mais en beaucoup moins profond.

Puis la piste devient plus monotone et moins grandiose, défilant toujours au travers de paysages hostiles. La fin de la piste ne nous a pas emballé. La piste est bien roulante mais parsemée de quelques caillou et traces de tôle ondulée. Elle n'est pas très agréable et les paysages sont plutôt monotones. Il nous tarde d'arriver enfin sur la douceur de l'asphalte que nous regagnons enfin après 100 km de piste parcourus en un peu moins de 2h00.

Traversée d'un champ de lave sur la F88Début de la piste F88 à partir de Myvatn

Nous filons sans attendre à la première station essence que nous croisons aux abords du lac Myvatn. Nous avions bien entamé la réserve d'essence et il ne devait pas nous rester beaucoup de kilomètres avant la panne sèche!

Nous voilà au terme de cette expédition de 2 jours dans les Hautes Terres de l'Est. Même si nous avons largement adoré ces deux jours, nous dirions que nos coups de coeur vont à Laugarvellir et sa cascade d'eau chaude (mais qui commence à être de plus en plus connue), à l'ensemble de la piste F910 ainsi qu'à la vue magnifique sur la cratère Víti et le lac Öskjuvatn. Nous avons également beaucoup apprécié la découverte fascinante du champ de lave fumant d'Holuhraun, dommage que la météo n'ait pas été avec nous ce jour là. Enfin, quand on regarde plus généralement, nous avons tout aimé, sauf peut-être la F88. Notre seul regret est de ne pas avoir eu assez d'essence pour découvrir les Kverkfjöl.

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